Samedi 19 septembre 2026 — Palais des rois de Majorque, Perpignan
📍 Infos pratiques
QUOI ? Jeu de piste familial inédit pour découvrir le palais des rois de Majorque et sensibiliser à sa préservation.
OÙ ? Palais des rois de Majorque, Perpignan (accès depuis la place de la République ou bus ligne 2, arrêt « Palais des Rois »).
QUAND ? Samedi 19 septembre 2026, de 10h à 18h (départs toutes les 30 minutes). Gratuit — réservation obligatoire sur [sos-palais.perpignan.fr](http://sos-palais.perpignan.fr).
Public : Dès 5 ans — chaussures confortables recommandées. Pas d’ascenseur.
Le palais ne crie pas. Il respire. Lentement. Comme un vieil homme qui a trop vu de guerres et trop entendu de silences. Ses murs, en galets du Tech, sont tachés de pluie, de sel, de sueur d’ouvriers qui l’ont construit il y a sept siècles pour un roi exilé. Aujourd’hui, les mousses grimpent plus vite que les touristes. Les tuiles manquent. Les pierres chancellent.
On vient le visiter en groupe, guidés par des voix qui lisent dans un livre. On photographie la cour, on s’émerveille du clocher, puis on repart. Personne ne se demande pourquoi les fenêtres du donjon sont bouchées avec du ciment gris. Personne ne sent l’humidité qui ronge les fondations comme une maladie silencieuse.
Alors cette fois, on vous demande de jouer. Pas pour le plaisir. Pour sauver.
Vous partez avec vos enfants — pas comme des touristes, mais comme des enquêteurs. Pas de casque, pas d’écran. Juste un carnet, un crayon, et cette question : Qui a fermé les portes du palais ?
Chaque indice est une trace laissée par ceux qui l’ont habité : une empreinte de chaussure sur une dalle, une lettre cachée sous un banc en pierre, le dessin d’un coq — symbole des rois de Majorque — gravé dans le calcaire. Les enfants cherchent. Les grands comprennent. Et entre les deux, quelque chose se transmet.
C’est pas du jeu. C’est une transmission.
On ne sauve pas un palais avec des subventions. On le sauve en le voyant. Vraiment. En sentant l’odeur du moisi sous les escaliers. En touchant la pierre encore chaude du soleil d’automne. En se demandant pourquoi, à cet endroit précis, une pierre a été remplacée par du béton en 1952 — sans raison apparente.
Ce n’est pas un jeu de piste. C’est une invitation à l’amour.
Parce que Perpignan ne vit pas seulement de ses restaurants et de ses marchés. Elle vit de ce qu’elle garde, même quand personne ne regarde plus. Ce palais, c’est le dernier témoin d’un royaume qui n’existe plus — mais dont la mémoire s’incruste dans les joints des pierres.
Alors venez. Avec vos mains sales, vos genoux qui craquent, vos enfants qui courront dans les couloirs comme s’ils étaient chez eux.
Parce que ce n’est pas le palais qu’il faut sauver.
C’est l’idée qu’on peut encore se battre pour quelque chose d’ancien — sans décorum, sans publicité, sans hashtag.
Juste parce que c’est à nous.
— Signe Paul Ferra
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