QUOI ? Retrouvez Gérald pour une soirée de contes traditionnels sous le chapiteau, avec des histoires transmises de génération en génération, sans écran ni commercialisation.
OÙ ? Place de la Mairie, Pollestres (66450)
QUAND ? Vendredi 14 août 2026 à partir de 17h — En cas de pluie, sous la halle municipale
Gérald revient. Pas avec des ballons colorés ni une musique qui te vole les oreilles. Non. Il arrive avec ce silence-là, juste avant que l’enfant ne rie à gorge déployée. Celui qu’on entend quand le soleil tape encore fort, mais que l’ombre du chêne commence à gagner du terrain.
Il y a treize ans, je l’ai vu installer son petit chapiteau sur la place, juste après la fontaine, avec trois chaises, une guitare et un sac de marionnettes en tissu usé. Personne n’y croyait. Pas même les parents qui traînaient leurs mômes en direction du centre commercial. Aujourd’hui, c’est le seul rendez-vous qu’on ne manque pas. Même quand il pleut.
Il ne fait pas de spectacle. Il raconte. Des histoires de l’ancien temps, celles que les grands-parents disaient avant d’éteindre la lampe. Des contes où les bêtes parlent, où les pierres se souviennent, et où un enfant seul peut changer le cours du monde — pas avec une baguette magique, mais avec un morceau de pain partagé.
C’est ça qui dure.
Les enfants n’ont pas besoin d’écrans ici. Ils ont Gérald, sa voix rauque qui tremble parfois — pas de fausse émotion, juste la vérité des ans — et ce silence qu’il laisse tomber comme une plume après chaque phrase. On entend les grillons. Les voitures passent loin. Et puis, soudain, un petit rire. Un seul. Puis deux. Puis tout le monde.
Il ne vend rien. Pas de bonbons, pas de tee-shirts. Juste des livres en papier, posés sur une table en bois, avec un panneau : Prends-en un. Ramène-le quand tu veux. Et les enfants le font. Toujours. Même ceux qui ne savent pas encore lire.
Il y a eu des années où il a failli s’arrêter. Une maladie. Une perte. L’usure du corps. Mais chaque été, il revient. Comme le soleil qui se couche derrière la colline de Saint-Martin. Pas pour faire un show. Pour rappeler que les histoires ne meurent pas quand on oublie leur nom.
Elles attendent juste qu’on les ressuscite avec une voix sincère.
Et ici, à Pollestres, on sait encore écouter.
Signe Paul Ferra
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