Le film qui fait trembler les toiles : Claude Viallat réveillé à Céret

📍 Céret 📅 24/08/2026 Culture
Le film qui fait trembler les toiles : Claude Viallat réveillé à Céret
En bref
📅 Date 24 août 2026
🕐 Horaires 10:00 - 18:00
💶 Tarif Gratuit
🏘️ Commune Céret

Tu as déjà entendu une toile souffler ?

Pas le bruit du vent dans les platanes de la place de la République — non. Celui-là, c’est celui que fait une peinture quand elle se réveille après cinquante ans à dormir sous un châssis oublié. C’est ce son-là qu’on va entendre lundi matin, dans la pénombre d’une salle où les seules lumières sont celles du projecteur… et celles que Claude Viallat a laissées couler sur ses toiles.

Guy Lochard ne filme pas un peintre. Il filme une machine à couleur, un alchimiste qui, depuis les années 60, a transformé le simple geste de poser une forme répétée en une révolution silencieuse. Pas de pinceaux en feu, pas d’émotions à l’emporte-pièce — juste des taches, des empreintes, des motifs qui dansent comme des vagues sur un mur de plage. Et pourtant… ça bouge. Ça chuchote. Ça crie.

On l’a vu à Nîmes, au Sémaphore — la salle a vibré. Les raseteurs ont applaudi plus fort que pour un tour de piste. Parce que Viallat, c’est aussi ça : un homme qui a grandi dans les manades du Languedoc, qui sait ce que c’est que de courir après un taureau… et qui a choisi de le peindre sans jamais l’attraper.

Ici, à Céret, où les murs des galeries ont déjà absorbé les coups de pinceau de Miró, de Masson, de Dali — Viallat arrive comme une onde de choc en silence. Pas de théâtre. Pas d’éclat. Juste la puissance du répété, du même mais autre. Une forme qui revient. Comme un refrain. Comme une respiration.

Affiche de film en tons ocre, vert bouteille et jaune citron, avec des empreintes de tissu flottant comme des voiles dans l’air. La lumière du projecteur éclaire seulement les bords des formes, laissant le centre dans une obscurité douce. Une chaise pliante est abandonnée au premier rang — comme si quelqu’un venait juste de se lever pour mieux voir.

Et puis il y a ce détail qui fait tout : cette exposition en parallèle à La Capitainerie, Retours en boucles – Taureau / Forme. Des œuvres de jeunesse. Des esquisses. Des tâtonnements. Des essais où le taureau n’est pas encore un motif, mais une présence sauvage qui rôde dans l’ombre du papier. On sent qu’il va bientôt s’échapper.

Ce n’est pas un documentaire. C’est un road movie en 16 mm, où la route est faite de tissus tendus, de couleurs débordantes et d’un homme qui a décidé que l’art ne devait plus porter de cadre — ni physique, ni mental.

Alors viens. Assieds-toi. Ne parle pas trop fort. Et laisse le film te dire ce que les toiles n’ont jamais osé avouer : qu’on peut tout réinventer… en recommençant la même chose, cent fois, avec amour.

Affiche de film en noir profond et doré, avec une main (sans visage) posant un tampon sur une toile qui se déroule comme un tapis volant. Des éclaboussures de couleur flottent dans l’air comme des confettis d’un mariage clandestin entre l’abstraction et la poésie populaire. Un seul projecteur éclaire la scène, le reste est obscurité sacrée.

Signe Paul Ferra

📍 Céret

© OpenStreetMap

💬 Commentaires

Soyez le premier à commenter !

Laisser un commentaire

Le saviez-vous ? Les barques catalanes colorées de Collioure sont le symbole du village et fêtent chaque année la Saint-Vincent.

📰 À lire aussi