Atelier famille au musée Hyacinthe Rigaud — Samedi 15 août 2026, 14h30
Où ? Musée Hyacinthe Rigaud, 29 rue de la République, Perpignan
Quand ? Samedi 15 août 2026 à 14h30 — Durée : environ 1h30
Tarif ? Gratuit — Tout public, enfants dès 6 ans accompagnés
Réservation ? Pas obligatoire, mais conseillée : 04 68 67 59 20 ou sur place
Le musée sent encore la peinture sèche et le bois de chêne ancien. Comme chaque été, les murs tiennent leur silence — sauf ce jour-là, où l’on va y faire du bruit. Pas celui des enfants qui crient, non. Celui des ciseaux qui coupent le papier, des fils qui s’emmêlent, des mains qui cherchent à attraper le vide pour en faire une forme.
On ne vient pas ici pour apprendre à dessiner comme Miró. On vient pour se souvenir qu’on a déjà été enfant — avant que les règles n’entrent dans la tête. Lui, il ne savait pas ce qu’était un contour. Il traçait des lignes comme on respire : sans réfléchir. Et c’est ça qu’on va tenter de reprendre.
Pas de consignes. Pas de modèle. Juste du papier, des fils de laine, des morceaux de carton, et un peu d’espace entre les doigts pour laisser passer ce qui n’a pas encore de nom.
On a vu des gens venir ici avec leurs enfants en vacances, les bras chargés de sacs de plage et de glaces qui fondent. Ils sortaient par la porte du musée, étonnés. Pas parce qu’ils avaient fait une œuvre d’art. Mais parce qu’ils avaient oublié que leur fille pouvait faire un nuage avec un fil bleu et un morceau de tissu déchiré.
C’est ça, l’atelier : pas de résultat attendu. Juste le temps qui s’allonge, comme une cigarette qu’on fume en silence sur la terrasse du café d’en face. Le soleil tape, les ormes filtrent la lumière, et dans cette pièce fraîche, on crée sans but — ce que l’on ne fait plus depuis longtemps.
Les enfants n’ont pas besoin qu’on leur explique Miró. Ils le sentent. Dans les formes qui s’échappent des doigts. Dans ces lignes qui ne veulent pas être droites. Dans ce vide qu’ils laissent entre deux bouts de tissu — comme une pause dans un chant.
Les parents, eux, restent là, en retrait. Ils ne touchent rien. Mais leurs mains, elles, se souviennent. Elles savent encore comment tenir un fil sans le briser. Comment attendre. Comment laisser faire.
Cet atelier n’est pas un spectacle. Ce n’est pas une activité pour “faire du culturel”. C’est un coin de silence où l’on réapprend à toucher le monde sans demander son nom.
À Perpignan, on a des ruelles étroites, des façades en galets, et des murs qui gardent les traces des mains d’avant. Parfois, c’est dans ces moments-là — un fil, un vide, une forme — qu’on retrouve la ville. Pas celle du tourisme. Pas celle du shopping. Mais celle qui a encore le souffle.
Signé Paul Ferra
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