Samedi 31 octobre 2026 — Perpignan
📍 Infos pratiques
Lieu : Palais des Rois de Majorque, colline de la Real, Perpignan
Horaire : Ouverture à partir de 17h — Dernière entrée à 21h
Accès : Gratuit — Visites guidées toutes les heures (à partir de 18h)
Âge recommandé : À partir de 7 ans — Pas d’entrée seule pour les moins de 12 ans
Parking : Gratuit sur le parking de la Real (50 mètres après l’entrée du palais)
Accès public : Bus Arene (ligne 3, arrêt “Palais des Rois”) — À 8 minutes à pied depuis la place Castillet
Il y a des endroits où le temps ne passe pas. Il s’arrête. Comme un souffle retenu entre deux battements de cœur.
Le Palais des Rois de Majorque, lui, n’a jamais oublié. Pas même après les guerres, pas même après les révolutions, pas même après que la dernière lumière du roi Jaume III se soit éteinte dans l’ombre d’une fenêtre, le 25 octobre 1349.
On dit qu’il a caché le sceau royal avant de mourir. Pas pour le protéger des ennemis — non. Pour le préserver de ceux qui croient encore que la puissance se mesure à un morceau de métal gravé. Il savait ce que les hommes deviennent quand ils ont peur d’être oubliés.
Chaque année, à Halloween, on entend des pas dans les couloirs où personne ne marche plus depuis six cents ans. Des chuchotements entre les pierres. Une odeur de cire fondue et de feuilles mortes qui ne devraient pas être là, au cœur d’octobre.
On ne vous dit pas ce que vous allez voir. On vous dit juste : allez-y.
Pas pour jouer à la chasse au trésor. Pas pour les selfies sous les lanternes.
Mais parce qu’il faut parfois se souvenir que les morts n’ont pas tous disparu.
Les enfants viennent en cape, avec des lanternes en papier. Les grands-parents, eux, n’ont pas besoin de costume. Ils marchent en silence, les mains dans les poches, comme s’ils revenaient chez eux après une longue absence.
Je connais ce lieu depuis quarante ans. J’y suis venu avec mon père, en 1983. Il m’a dit : “Si tu entends un bruit de chaîne à l’étage du donjon, ne tourne pas la tête. Continue.”
Je n’ai jamais entendu la chaîne. Mais j’ai senti quelque chose — une pression dans l’air, comme si le silence avait un poids.
Cette année encore, les guides porteront les vieilles robes de bure des moines du XIIIe siècle. Pas pour faire du théâtre. Parce que c’est ce qu’ils portaient quand ils veillaient sur le palais après la mort du roi. Et parce que, ici, le passé ne se répète pas. Il persiste.
Il n’y a pas de musique. Pas de décorations en plastique. Pas de citrouilles géantes.
Seulement des chandelles dans les créneaux. Des ombres qui bougent quand il n’y a personne. Et cette voix, parfois, qui murmure :
> “Le sceau n’est pas sous la pierre. Il est là où vous avez cessé de croire que c’était un conte.”
Les enfants le trouvent, bien sûr.
Ils ont encore ce don — de voir ce que les autres appellent “du vent”.
Les adultes ? Ils cherchent. En vain.
Mais ils reviennent l’année d’après.
Parce qu’un peu de magie, ici, ne se vend pas. Elle se reçoit.
Signe Paul Ferra
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