FESTIVAL OBJECTIF IMAGE PAYS CATALAN – ASSOCIATION OFF

📍 Perpignan 📅 29/08/2026 Festivals
FESTIVAL OBJECTIF IMAGE PAYS CATALAN – ASSOCIATION OFF
En bref
📅 Date 29 août 2026
🏘️ Commune Perpignan

Samedi 29 août 2026 — Perpignan


> QUOI ? Un festival de photoreportage amateur qui investit les commerces du centre-ville pour transformer Perpignan en galerie à ciel ouvert, avec des clichés saisissants de vies ordinaires et des histoires intimes.
> QUAND ? Du 29 août au 12 septembre 2026 — inauguration le samedi 29 à 17h.
> OÙ ? Dans les boutiques, cafés, épiceries et ateliers du centre historique de Perpignan. Rendez-vous sans carte : suivez les tirages accrochés aux vitrines, les lumières douces qui filtrent à travers les rideaux de coton.
> PRIX ? Gratuit. Toujours.


Ça ne s’annonce pas comme un festival. Ça se vit. Comme une errance dans les ruelles où le café du coin sent la torréfaction ancienne et le mur du fond, lui, raconte ce qu’un gamin de Céret a vu en pleine nuit des Fêtes de l’Ours — les masques de bois, les flammes qui dansent sur les visages sans peur.

On ne vient pas ici pour voir des œuvres finies. On vient pour sentir le souffle du réel. Les photos, ce n’est pas du décor. C’est du vécu collé à la poussière des trottoirs. Une vieille femme qui serre son panier de légumes comme un trésor. Un enfant qui court vers l’horizon d’un marché aux poissons, les pieds nus sur le pavé encore humide. Des mains calleuses qui tiennent un verre de vin rouge à la lumière du soir, sans savoir qu’on les photographie.

C’est ça, Objectif Image. Pas de podium. Pas de stars. Juste des regards qui ont osé lever l’objectif au bon moment — et le garder levé.



On ne compte plus les années que ça dure. Vingt-deux ? Vingt-trois ? Peu importe. Ce qui compte, c’est que chaque été, les commerçants ouvrent leurs portes sans demander pourquoi. Ils laissent les photos s’installer entre les bouteilles de vinaigre et les boîtes d’olives. On ne déplace rien. On n’encadre pas. On laisse le papier froissé, le coin déchiré, la trace du doigt. C’est ça qui fait la vérité.

Il y a une photo cette année — Dans la peau de l’ours — qu’on ne peut pas ignorer. Pas parce qu’elle est belle. Mais parce qu’elle sent la transpiration, le bois brûlé, et ce silence qui tombe quand les tambours s’arrêtent. Une image qui ne cherche pas à impressionner. Elle attend juste qu’on l’écoute.


Une vieille boîte en fer-blanc rouillée, ouverte, remplie de pellicules argentées déroulées comme des rubans de mémoire. Les bords sont abîmés par l’humidité, quelques morceaux collent encore entre eux, comme si on les avait arrachés précipitamment d’un appareil il y a longtemps. La lumière tombe en oblique sur le métal, révélant des traces de doigts et une petite tache d’huile.

Les jeunes viennent avec leurs smartphones, bien sûr. Mais les anciens ? Ils apportent leurs Leica, leurs Rolleiflex, leurs appareils qui ont vu la guerre, la paix, les exodes. Ceux-là ne parlent pas beaucoup. Ils se contentent de poser leur sac sur le comptoir du boulanger et de dire : « C’est pour ça que je suis revenu. »

Perpignan n’a jamais été une ville qui se vante. Elle a gardé ses pierres, ses ormes, ses ruelles étroites comme des souvenirs qu’on ne veut pas lâcher. Et ce festival ? Il est comme elle : sans prétention, mais profondément présent.

On ne vient pas ici pour voir du beau.
On vient pour se souvenir que le monde est encore plein de choses qui valent la peine d’être regardées — longtemps, tranquillement, les yeux grand ouverts.


Une paire de chaussures de marche usées jusqu’à la semelle, posées à côté d’un vieux sac en toile. Les lacets sont noués, mais l’un est cassé. Des traces de terre sèche et des brins d’herbe restent coincés entre les coutures. Un petit morceau de papier jauni dépasse de la poche : une photo déchirée, à moitié effacée par le temps.

Signe Paul Ferra

📍 Perpignan

© OpenStreetMap

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