QUOI ? Atelier de photographie sensible pour apprendre à regarder l’architecture et les détails du Palais des Rois de Majorque, en lien avec la notion de temps et de patrimoine. Tout public à partir de 6 ans.
OÙ ? Place du Palais, 66000 Perpignan
QUAND ? Samedi 19 septembre 2026
Le palais ne se visite pas. Il se ressent.
Quand tu grimpes jusqu’à lui, les pavés changent de texture sous tes semelles. Le vent, ici, n’est pas le même qu’en bas — plus sec, plus ancien. Il a soufflé sur les chevaliers, les émissaires, les soldats de Jacques II qui, il y a sept siècles, ont voulu faire de ce rocher une couronne.
Aujourd’hui, on vient pour les murs. Pour les pierres qui n’ont pas oublié. Les arcs gothiques fendus par le temps. Les fenêtres étroites qui regardent la ville comme un témoin muet. Et puis, surtout, les détails : une pierre gravée d’un croissant de lune, une moulure effacée par des doigts de moine, un coin de mur où la pluie a dessiné des cartes géologiques en noir et gris.
C’est ça qu’on vient chercher ce samedi : ne pas regarder le monument. Le voir.
L’atelier n’est pas un cours de photo. C’est une leçon de patience.
On ne demande pas aux participants — enfants ou adultes — de faire de belles images. On leur apprend à attendre. À s’asseoir sur un banc de pierre, les yeux baissés, jusqu’à ce que la lumière change. Jusqu’à ce qu’un reflet sur une mosaïque oubliée devienne un motif. Jusqu’à ce que l’ombre d’une vigne sauvage qui grimpe sur un mur devienne une ligne de poème.
Tu n’as pas besoin d’un appareil dernier cri. Un smartphone, une vieille Nikon, même un reflex en carton — ça suffit. Ce qu’il faut, c’est un regard qui ne court plus.
Les enfants, souvent, sont les meilleurs. Ils ne cherchent pas la photo parfaite. Ils trouvent le dragon dans la fissure du mur. La reine invisible dans l’ombre d’un créneau. Le silence dans une porte close.
Il y a des lieux que la ville oublie. Pas nous.
Perpignan s’étire, se déchire en lotissements sans âme, en centres commerciaux qui sentent le plastique brûlé et les frites de 14h. Mais ici, au sommet du promontoire, on ne vend pas de glaces. On n’écoute pas de musique.
On entend le vent passer entre deux pierres.
C’est ce que l’on cherche, quand on vient là : un peu d’éternité, sans filtre. Pas une post-production. Un souffle. Une trace. Un regard posé sur ce qui résiste.
Réservation obligatoire :
Amélie Rumeau — 04 68 34 64 93 | amelie.rumeau@cd66.fr
À partir de 6 ans — Tout public — Amenez votre appareil, même s’il ne sert plus qu’à prendre des selfies.
Ce n’est pas une animation. C’est un rendez-vous avec le temps.
Et il ne revient pas deux fois.
— Paul Ferra
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